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Les dossiers San Marco

L'art de Murano

 

Le verre de Murano, c’est tout un art !

La tradition du verre de Venise remonte à la fin du VI e siècle. En 1291, les verriers sont exilés sur l’ile de Murano, toute proche, pour épargner Venise des risques d’incendie mais aussi pour mettre au secret leur précieux savoir-faire. Ils ne doivent alors ni s’expatrier, ni divulguer leurs secrets de fabrication sous peine de mort. En contrepartie de cet exil, Venise autorise les verriers à battre leur propre monnaie !

 

C’est l’artisanat du verre qui a rendu Murano célèbre dans le monde entier. Aujourd’hui, artistes, architectes et designers viennent des quatre coins de la planète pour travailler à Murano et donnent au verre un souffle nouveau. Les verres de Murano sont devenus des objets d'art recherchés par les collectionneurs du monde entier, leur fascination est demeurée intacte.

 

San Marco lève le voile sur l’art de Murano… Suivez le guide !

 
 
Le verre de Murano, toute une histoire

Le hasard fait bien les choses…Comme pour beaucoup d'autres inventions, le verre fut découvert par hasard en observant que le sable, exposé à une haute température et au feu, fond et devient vitreux.

Les premiers à s'être rendus maîtres de cette technique furent les Phéniciens et cette technique se diffusa ensuite le long des côtes du Moyen Orient et de l'Egypte.

 

 

Le premier verre de Murano date de l'an 982 et fut imaginé par Dominicus Phiolarius, souffleur de bouteilles de son état. A l'époque, les verreries d'art étaient créées dans l'enceinte de la cité des Doges, jusqu'à ce que, par crainte des incendies, le Grand Conseil de la Sérénissime se décida à les déménager en 1291 sur une île de la lagune : Murano.

Ceci fut la raison politique officielle, seulement il s'agissait plus vraisemblablement de tenir à l'écart, curieux et concurrents des alchimies et secrets du verre.

 

D'abord utilitaire, la pâte de verre était colorée et coulée dans des moules afin d'obtenir des récipients rudimentaires utiles à contenir des boissons et des aliments. Les échanges commerciaux entre l’Empire romain et Venise, permirent à Venise d’assimiler la culture et les techniques du verre.

Car de l'Orient, Venise n'importa pas seulement de précieuses marchandises, mais elle en apprit aussi les arts les plus raffinés comme le tissage de la soie, le travail des métaux précieux et le soufflage du verre. Cette influence orientale fut déterminante pour le développement de l'art du verre à Venise.

C’est au cours du XVe siècle et avec la Renaissance vénitienne que la production atteignit un degré de perfection, de variété et d’adéquation au goût de l’époque, rarement atteint dans l’histoire des arts décoratifs.

La première splendeur fut l’invention d’un verre d’une grande transparence, d’une finesse et d’une légèreté remarquable qu’on nomma, en référence au cristal de roche, "Cristallo". Ce furent ensuite les verres peints à l’émail, souvent dorés, illustrés de portraits contemporains ou de scènes mythologiques que commandaient les cours de l’Europe entière.

Vinrent enfin tous les raffinements des filigranes de verre blanc qui, inclus dans le verre transparent, sont soumis à de longues et délicates manipulations avant d’éclore en tourbillon.

Le verre de Murano devint un art d'un grand raffinement qui connut son apogée du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

Aujourd’hui, les verreries dites d'art produisent des objets de grande qualité, souvent en collaboration avec des artistes contemporains. Retrouvez certains de ces artistes comme Carlo Moretti ou Stefano Poletti dans le Carré des Créateurs San Marco.

 
 
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